Naturanne : Quand les Recettes Ancestrales Ont Encore Tout Bon
Chez Source Shop, il y a des artisans avec qui on travaille depuis des années et qu'on aime toujours autant qu'au premier jour… et Naturanne en fait clairement partie !
Derrière cette petite entreprise artisanale, il y a Anne, une passionnée de produits simples, naturels et authentiques, qui fabrique elle-même ses savons, ses lessives ou encore son fameux savon noir ultra concentré.
Et puisqu'elle est dans le Sud et nous dans nos monts du Jura - et que l'ordi c'est pas trop son truc - on a pris le temps d’échanger avec elle par téléphone, en toute simplicité afin de pouvoir vous retranscrire sa passion des produits naturels ici.
Qu’est-ce qui t’a poussée à te lancer dans la fabrication de produits naturels ?
Anne :
En fait, ça s’est fait un peu par hasard.
Comme beaucoup de personnes, je fabriquais ma lessive moi-même. Tu sais, avec un savon qu’on râpe, la recette classique. Et il y avait un truc qui me dérangeait énormément : cette texture un peu gélatineuse qu’on obtient après.
Quand le savon est dilué à chaud, ça va, c’est liquide. Mais dès que ça refroidissait… ça faisait un espèce de gel un peu bizarre. Franchement, moi je trouvais ça un peu “burk” !
Et c’est comme ça que j’ai commencé à faire mes propres savons, juste pour moi au départ.
Mes savons, quand on les dilue dans l’eau chaude pour faire une lessive liquide, gardent une texture fluide. Ça reste propre, liquide, ça ne devient pas cette espèce de gelée.
Et puis petit à petit, j’ai complètement changé d’orientation professionnelle. J’ai été commerciale pendant plus de 20 ans. Mais j’avais envie de quelque chose de plus concret, plus naturel, plus vrai aussi.
J’étais déjà beaucoup plus sensibilisée à tout ce monde des produits naturels, même au niveau alimentaire.
Et c’est comme ça que j’ai commencé à créer Naturanne.
Mais je n’ai rien inventé.
Ce sont des recettes ancestrales, des produits qui existaient déjà avant.
Le savon noir, quand j’étais gamine, on nettoyait déjà la maison avec. Le savon de Castille, c’est vieux comme le monde. Le vrai savon de Marseille pur aussi.
Et justement, je trouve qu’on a parfois oublié toute cette simplicité.
Pourquoi avoir choisi des recettes ancestrales ?
Anne :
Parce qu’au final, les produits simples fonctionnent très bien !
Même mes autres produits, comme les multisurfaces par exemple, restent très simples :
- savon noir,
- vinaigre,
- bicarbonate,
- huiles essentielles…
Je suis vraiment partie sur deux choses importantes pour moi :
- proposer des bases pures,
- mais aussi des produits prêts à l’emploi.
Parce que même moi, à l’époque où je faisais ma lessive maison, il y avait des moments où je n’avais juste pas le temps d’en refaire !
Et du coup, je devais acheter une lessive du commerce. Donc je comprends très bien les gens.
C’est pour ça que je propose aussi des produits déjà prêts :
- la lessive,
- les multisurfaces,
- le savon noir prêt à l’emploi…
Mais toujours avec les mêmes valeurs derrière.
Et puis à un moment donné, on nous a mis énormément de marketing dans la tête.
Quand j’étais gamine, on avait :
- une lessive,
- un produit pour nettoyer,
- et basta
Maintenant il faudrait :
- une lessive pour le noir,
- une pour les couleurs,
- une pour la laine,
- une pour les tissus délicats…
Pareil pour les produits ménagers.
On a créé un besoin permanent alors qu’en réalité, on n’a pas besoin de 50 produits différents.
Et en plus, ça coûte super cher pour rien.
Tu as aussi développé une lessive en poudre. Pourquoi ?
Anne :
Parce que les lessives naturelles à base de savon ont quand même certaines limites, surtout avec les eaux calcaires.
La glycérine naturelle contenue dans les savons peut provoquer ce qu’on appelle de la “crasse de savon”.
En fait, c’est une réaction chimique entre la glycérine et le calcaire.
Ça ne bouche pas la machine, mais ça laisse une sorte de film gras. Et dès qu’il y a un dépôt, ça retient d’autres dépôts. Donc à force, ça peut provoquer des odeurs dans le lave-linge.
Et puis il y a aussi un autre problème avec tous les textiles absorbants :
- couches lavables,
- serviettes hygiéniques lavables,
- microfibres,
- éponges…
À force, la glycérine finit par saturer un peu les fibres et le tissu absorbe moins bien.
Et certains clients me disaient :
“Ah mais c’est pour ça que mes tissus n’absorbent plus bien !”
Du coup, j’ai développé une lessive en poudre sans glycérine.
Elle reste très naturelle, mais elle évite tous ces problèmes-là.
Et surtout, elle se dissout instantanément.
Parce que moi, je me souviens quand j’étais gamine (rires). À l’époque, il n’y avait quasiment que de la lessive en poudre. Et parfois, sur les lavages à froid, il restait des petits morceaux de poudre collés sur le linge.
Là, elle se dissout complètement.
Sébastien :
Nous, on a eu des super retours dessus. Franchement, elle est vraiment bien.
Anne :
Et puis même pour le transport, c’est beaucoup plus léger, ça fait moins de déchets… elle a énormément d’avantages !
Beaucoup de personnes connaissent Naturanne grâce au savon noir. Peux-tu parler un peu de sa fabrication ?
Anne :
Je suis une vraie puriste !
Quand je fais les choses, je les fais à fond.
Je peste souvent contre tout le greenwashing :
“sans parabènes”, “sans ceci”, “sans cela”…
Mais derrière tu as parfois 50 trucs pas terribles dedans !
Moi, je voulais un vrai savon noir.
Et déjà, je voulais qu’il soit noir.
Ça paraît bête, mais beaucoup de savons noirs ne sont même pas vraiment noirs.
Donc je l’ai formulé avec :
- de l’huile d’olive vierge bio,
- des olives noires bio,
- et un peu d’huile de lin bio.
Et ce sont les olives noires qui lui donnent sa vraie couleur.
Mais ça n’a pas été simple du tout à développer parce que personne ne met des olives noires dans les calculateurs de saponification (rires).
Le savon noir cuit ensuite pendant environ deux heures au bain-marie à basse température, autour de 60°C.
Et honnêtement… même après toutes ces années, je trouve encore la saponification magique.
Tu pars de corps gras… et tu obtiens un produit dégraissant.
Je trouve ça fascinant.
Et ce qui est génial avec l’artisanal, c’est que même deux fabrications identiques ne réagissent jamais exactement pareil.
Le savon noir, il prend son temps !
Je le laisse toujours “se détendre” avant dilution.
Je ne le dilue jamais le jour même.
Et parfois il faut encore deux ou trois jours pour qu’il soit parfaitement liquide.

Justement, peux-tu expliquer ce qu’est la saponification ?
Anne :
La saponification, c’est l’art de transformer des corps gras en savon.
Avec la soude, on obtient des savons solides.
Avec la potasse, on obtient des savons en pâte, comme le savon noir.
Ensuite, cette pâte peut être diluée ou non.
Par exemple :
- le savon noir en pot est la pâte pure,
- le savon noir liquide est cette même pâte diluée.
Mais même mon savon noir liquide reste extrêmement concentré.
Au tout début, il était même encore plus concentré. Mais à un moment donné, je me suis dit :
“Anne… c’est bien de vouloir le diluer le moins possible, mais il faut quand même réussir à le couler dans les bidons” (rires)
Sébastien :
Et honnêtement, ça se sent. On n’a jamais trouvé de savon noir plus concentré que le tien.
Les retours clients qu’on a chez Source Shop, c’est souvent :
“J’ai enfin trouvé un vrai savon noir.”
Anne :
Oui !
Il y en a certains, ils ont juste l’étiquette “savon noir”, mais c’est quasiment de l’eau…
Et pourtant parfois ils sont épais aussi, mais juste parce qu’ils ont été réépaissis artificiellement.

Pourquoi avoir choisi la mention Nature & Progrès ?
Anne :
Ça s’est fait très vite, dès la première année.
Je voulais une mention qui corresponde vraiment à mes valeurs. Et quand j’ai découvert Nature & Progrès, je me suis dit :
“Waouh… c’est exactement ça.”
Nature & Progrès, pour moi, c’est “plus bio que bio”.
Ce n’est pas juste une question d’ingrédients.
C’est une vision globale :
- la façon de travailler,
- l’environnement,
- les matières premières,
- l’humain,
- l’éthique…
Et ce dont je suis très fière, c’est que quand j’ai obtenu la mention Nature & Progrès, je n’ai rien dû changer à mes produits.
Tout était déjà conforme dès le départ.
Ça m’a vraiment fait plaisir.
Sébastien :
Chez Source Shop, on essaie vraiment de privilégier les artisans qui travaillent avec Nature & Progrès.
Parce qu’on sent qu’il y a une vraie cohérence globale derrière.
Anne :
Oui, c’est vraiment un tout.
Sébastien :
Et puis Nature & Progrès travaille surtout avec de toutes petites structures.
Déjà ça, je trouve ça génial.
Anne :
Parce qu’aujourd’hui, on voit parfois des grandes marques qui font du bio… et du non-bio à côté.
Moi, ça me dérange profondément.
Quand on fait du bio, ce n’est pas parce que “ça vend”.
C’est parce qu’on a une vraie éthique derrière.
Quels sont aujourd’hui les produits phares de Naturanne ?
Anne :
Le savon noir, clairement !
Mais le savon de Castille fonctionne aussi très bien maintenant.
C’est un savon 100% huile d’olive vierge bio, très pur, très simple, qui convient à énormément de personnes.
La lessive en poudre plaît aussi beaucoup.
Et puis il y a les bougies.
Là aussi, je reste fidèle à mes valeurs :
- pas de paraffine,
- pas de parfums synthétiques,
- uniquement des huiles essentielles.
La seule exception, c’est la bougie vanille.
Mais même là, ce ne sont pas des parfums artificiels :
ce sont de vraies gousses de vanille bio infusées directement dans la cire.
Sébastien :
Ça doit sentir le gâteau de la maman !
Anne :
Mais exactement !
Quand elle brûle, on a vraiment l’impression qu’un dessert est en train de cuire.
Plus la bougie avance, plus l’odeur devient intense.
Franchement, elles sentent trop trop bon !

As-tu une anecdote ou une histoire marquante autour de tes produits ?
Anne :
Oui.
J’ai des clients qui réutilisent toutes leurs eaux usées pour leur jardin grâce à un système de filtration.
Ils avaient testé énormément de produits naturels, bio, écologiques…
Et mes produits sont les seuls qui ne laissaient aucun résidu.
Ça m’a vraiment touchée.
Et puis il y a tous les retours clients.
Quand quelqu’un te dit :
“Je n’ai jamais retrouvé une qualité comme celle-là”
ou
“J’ai enfin trouvé un vrai savon noir”…
Franchement, ça redonne du sens.
Parce qu’aujourd’hui, les petites structures, c’est compliqué.
On travaille énormément.
Et parfois, quand tu bosses 60 ou 70 heures par semaine, tu te demandes pourquoi tu fais tout ça.
Et puis tu reçois un message, un avis Google, un retour client…
Et là tu te dis :
“OK… c’est pour ça que je fais tout ça.”
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